Affaire RAM : Voici les conclusions de la réunion de près de 3h au Fleuve Congo Hôtel 

Lundi 11 octobre 2021, les députés nationaux de l’Union Sacrée de la Nation étaient convoqués au Fleuve Congo Hôtel à Kinshasa par la Coordination de cette plateforme chère au président Tshisekedi, pour une réunion spéciale. 

Ladite réunion a été présidée par Christophe Mboso N’kodia et Jean-Marc Kabund, respectivement président et premier vice-président de l’assemblée nationale de la République démocratique du Congo. 

Cette réunion a également connu la présence de deux membres du gouvernement. Le premier ministre Jean-Michel Sama Lukonde en personne, et son ministre des Postes, Télécommunications et Nouvelles Technologies de l’Information et de la communication (PT-NTIC), Augustin Kibassa Maliba. 

Comme on pouvait s’y attendre, le dossier relatif à la taxe RAM (Registre des Appareils Mobiles), fortement contestée par les élus du peuple, était le seul point inscrit à l’ordre du jour au cours de cette rencontre.

Un débat houleux et kilométrique 

Les échanges ont été très intenses et presqu’interminables lors de cette réunion qui a duré pendant près de 3 heures, soit de 20 heures à 23 heures, heure de Kinshasa. 

A en croire certains élus du peuple qui ont pris part à cette réunion et qui se sont confiés à 7SUR7.CD ce mardi sous anonymat, la position de Christophe Mboso et Jean-Marc Kabund était celle de laisser le ministre des PT-NTIC venir répondre aux préoccupations des députés nationaux, sans toutefois supprimer cette taxe. 

« La position du bureau était que le ministre Kibassa vienne répondre aux questions des députés et comme on est de la majorité, que RAM continue », nous a confié un élu du peuple. 

Les regrets du premier ministre 

Présent à cette réunion, le premier ministre, Jean-Michel Sama Lukonde, a aussi pris la parole. Dans son intervention, nous révèle un autre député national, le successeur de Sylvestre Ilunga a regretté que ce dossier arrive jusqu’à ce point. Il aurait souhaité que cette question soit d’abord traitée en amont, au sein de l’Union Sacrée.

« Il a pris la parole, il a dit que ce qu’il regrettait ce qu’il y avait moyen de régler ce problème en amont. C’est-à-dire que le jour où le ministre est venu répondre à la question orale, il devait y avoir une réunion avec les députés au préalable pour que ce qui s’est passé n’arrive pas parce que nous sommes une majorité. Et que tout se prépare en amont », nous a dit une de nos sources.

Les députés intransigeants 

Malgré les interventions à la fois, de la coordination de l’Union Sacrée (Jean-Marc Kabund et Christophe Mboso) et du chef du gouvernement, Jean-Michel Sama Lukonde, les députés nationaux n’ont pas bronché. Ils ont maintenu leur position. Celle de la suppression pure et simple de la taxe RAM. 

Les élus du peuple n’ont cessé d’évoquer le caractère « illégal » de cette taxe mais aussi le fait que la population de la République démocratique du Congo dans son ensemble la juge inopportune. 

« Nous sommes les représentants du peuple. C’est le peuple qui nous a envoyés au Parlement. Et lorsque ce peuple là est en difficulté, comme c’est le cas avec la taxe RAM, nous ne pouvons pas croiser les bras. Nous sommes obligés de faire entendre la voix du peuple. C’est lui le souverain primaire », a indiqué la même source.

Mise en place d’une commission d’enquête 

Compte tenu du blocage dans ce dossier, les élus du peuple étant majoritaires, ont exigé un moratoire suspendant la taxe RAM, suivi de la mise en place d’une commission d’enquête.

Selon nos sources, cette commission d’enquête parlementaire aura pour mission de vérifier la traçabilité de tous les fonds déjà collectés jusqu’ici grâce à la taxe RAM. 

À noter que le ministre Kibassa avait affirmé que déjà 25 millions USD ont été collectés depuis le lancement de RAM.

« Les députés veulent d’un moratoire et d’une commission d’enquête. D’abord, suspendre RAM avec un moratoire et une commission d’enquête pour la traçabilité des fonds déjà récoltés grâce à la taxe RAM. À la fin de cette enquête, on verra s’il faut continuer avec le RAM, s’il faut le faire par pallier parce que ça pèse sur la poche de nos populations. On veut le moratoire, c’est-à-dire on arrête d’abord, que le ministre vienne répondre.  Peu importe ses réponses, il y a moratoire.  Et à partir de ce moratoire, il y a une commission d’enquête parlementaire », a renchéri un autre député toujours de l’Union Sacrée de la Nation. 

Une plénière en gestation 

À l’issue de la rencontre, il a été convenu de la convocation d’une plénière durant cette semaine, soit entre mercredi et jeudi, pour permettre au ministre des PT-NTIC, Augustin Kibassa, de répondre aux préoccupations des élus du peuple. 

Pour rappel, la taxe RAM est fortement décriée par la population. Des acteurs sociopolitiques ne cessent de monter au créneau pour exiger sa suppression pure et simple. La quasi-totalité des députés nationaux aussi ne jurent que par sa suppression. 

Pendant ce temps, les sociétés de télécommunication continuent de soutirer les crédits de leurs abonnés pour le compte du Registre des Appareils Mobiles. Une situation qui n’est pas de nature à apaiser les tensions sociales. 

Jephté Kitsita

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